Search

LE PLAGIAT: QUOI, COMMENT ET ALORS


Résumé : Avec le développement technologique, le plagiat est devenu un phénomène courant à propos duquel on doit éduquer les apprenants, les chercheurs et même les citoyens. Cette communication vise à définir le plagiat, apporter un éclairage sur ses différentes manifestations, et démontrer que cette pratique nuit a la propriété intellectuelle et porte atteinte aux intérêts des lecteurs, des créateurs, des rédacteurs, et même des plagiaires. Le but ultime est d’équiper les apprenants et les apprentis chercheurs des outils requis pour contribuer eux-mêmes à la construction du savoir.


Mots-clés : plagiat, propriété intellectuelle, logiciels anti-plagiat, auto-plagiat, référence bibliographique, construction de la connaissance


Plagiarism : What, Why, and So What


Summary: With the rapid technological development, plagiarism has become a phenomenon about which learners, researchers, and regular citizens must be educated. The purpose of this presentation is to define plagiarism, shed light on some of its manifestations, and explain how this practice violates intellectual property law, hurts readers, creators, editors, and the plagiarists themselves. The ultimate prize of education and research is to equip learners and apprentice researchers with the tools necessary to construct knowledge, make a representation for themselves, and develop their authorial voices.


Keywords: plagiarism, intellectual property, plagiarism detection software, self-plagiarism, bibliographic reference, knowledge construction


Le plagiat a toujours été une pratique courante parmi les élèves, les étudiants, les créateurs, les artistes, les chercheurs, et bien sûr les apprentis chercheurs. Au passé, il n’y avait pas de textes légaux qui le régissaient, mais avec l’internet et la technologie, la culture du copier-coller est devenue de plus en plus aisée, alors même que beaucoup d’applications ont été développées pour détecter le plagiat (Bromberg, 2013). Aussi, avec le passage historique du commun au privé, nous sommes comme sociétés, institutions, et individus, devenus de plus en plus sensibles à toute atteinte à la propriété, quelle que soit son genre. Le but ultime de cet article est de discuter ce phénomène, d’élever notre conscience comme praticiens, apprenants, et encadreurs quant aux risques que nous courons lorsque nous faisons preuve, consciemment ou inconsciemment, d’un exercice de ce genre, ou même quand nous ne prenons pas le soin d’éradiquer cette pratique dans nos écrits et productions ainsi que dans les productions et les travaux que lisons, encadrons ou consommons.


Pour tout dire, le plagiat est une forme d’atteinte à la propriété, avec le caractère sacré qui est plus que jamais attaché à la propriété. Dans les parties qui suivent, nous allons nous étaler sur le cadre général dans lequel s’insère le plagiat, et nous parlerons brièvement des raisons pour lesquelles nous jugeons que cette discussion est très utile. Ensuite, nous passerons en revue quelques définitions et classifications du plagiat. De là, nous essaierons d’expliquer le raisonnement selon lequel commettre le plagiat est un tort. Enfin, et presque dans la même perspective, nous partagerons avec vous quelques arguments pour dire que nous avons tous intérêt à éviter cette pratique et bien sûr à éduquer ceux que nous encadrons sur les valeurs de l’intégrité morale, de l’originalité de la créativité comme voix d’accès à la construction du savoir.


Définitions


Nous entamons cette communication par une définition du plagiat très générale qui a notre sens, fait plutôt partie du domaine public, et pour laquelle on n’a pas besoin de faire une attribution. Le plagiat est un acte qui consiste à s’approprier les idées, les écrits, les suggestions et même les formulations provenant d’une personne autre que l’auteur du texte en question. Ceci veut dire que l’auteur s’attribue ces idées, concepts, ou mots sans explicitement référer le lecteur à l’auteur d’origine.

Soyons maintenant un peu plus précis quant à la nature des objets plagiés. Le plagiat est une appropriation de bien intellectuels d’autrui et même des produits de soi, mais quels biens ? Dans sa définition du terme, Bromberg (2013) souligne qu’historiquement, le plagiat fait référence aux expressions écrites utilisées sans attribution. Avec le temps et le développement technologique, il est devenu nécessaire d’ajouter le copiage de produits oraux, digitaux, et musicaux.


Certes, les écrits cités verbatim, c’est-à-dire, mot à mot, sont les plus aisées à détecter, mais parfois, le contenu plagié est plus difficile à repérer. Si le plagiaire, voulant dérouter les applications de détection du plagiat, prend soin de remplacer les mots de la citation d’origine par d’autres mots, ou bien fait recours à un remaniement des phrases de telle sorte que les mots, l’ordre des phrases, le style de l’écrit, and les métaphores du contenu prennent une forme différente du texte d’origine (Broyles, 2009).


Il y a d’autres formes de plagiat plus subtiles et plus difficiles à prouver. Voici un scenario auquel Lose 2011 attire notre attention : Imaginons que quelqu’un a mené une étude sur un problème quelconque, et a décidé de suivre une démarche/méthode bien déterminée pour analyser le sujet, répondre aux questions, et aboutir à des conclusions. Imaginons aussi que cet article a été publié. N’étant pas assez honnête, cet auteur veut rédiger un nouvel article, mais tout en faisant du recyclage de la section qui porte sur la méthodologie, en utilisant des données différentes et sans faire de référence bibliographique à l’article qu’il a écrit lui-même et duquel il a plagié la section de la méthodologie. Ceci veut dire que même s’il fait de l’auto-plagiat, c’est du plagiat quand même, parce que le but est de montrer qu’il a accompli deux recherches différentes pour enregistrer un gain quelconque. (Mack, 2016) Par le même biais, si ce chercheur se laisse inspirer d’une méthodologie ou d’une perspective théorique qu’il a rencontré dans un autre article sans en faire attribution, c’est à fortiori une instance qui vaut bien l’attribut de plagiat.


Pourquoi le plagiat est-il un tort ?


C’est bien le moment d’élaborer cette dimension de gain illicite en relation avec le plagiat. Tout en reconnaissant cet acte comme étant l’utilisation « d’idées, de concepts, de mots, ou de structures sans reconnaître de manière appropriée la source » (Bela (2014, 10) [traduction], le plagiaire vise principalement à bénéficier de son acte devant une instance quelconque qui s’attend à niveau d’originalité que le plagiaire ne peut réclamer qu’en s’appropriant des idées originales qui sont issues de l’auteur source, mais auxquelles il ne fait pas référence. C’est là l’une des raisons qui signifient que le plagiat est considéré un tort, voire même un délit, et parfois un crime.


En s’attribuant un objet, un concept, une idée, une formulation (qui n’est pas la nôtre), on lèse au moins trois parties :

  1. L’auteur source de l’objet plagié. Cet auteur doit avoir investi son temps, ses ressources, et ses capacités intellectuelles pour concevoir le produit qui a été ensuite plagié. Le produit est bel et bien sa propriété intellectuelle, son idée originale, et c’est comme si le plagiaire a commis un délit, une aberration, un vol, ou une tromperie. Mack (2016) explique qu’un texte bien écrit exige un travail minutieux et laborieux. Souvent, la récompense a laquelle on peut s’attendre de ce travail n’est pas plus que le crédit reçu par l’auteur en raison de sa publication.

  2. Dans le cadre d’une compétition, d’un prix qui va être octroyé, d’une demande d’emploi, d’une demande de financement, les personnes qui auraient pu être sélectionnées ou présélectionnées pour décrocher un emploi ou pour le financement d’un projet d’étude ou bien la réception d’un prix peuvent se trouver hors sélection à cause d’une fausse représentation entreprise par le plagiaire (Mack, 2016).

  3. Les rédacteurs qui ont accepté de publier le travail du plagiaire sont aussi lésés. Lose (2011) explique que la plupart des rédacteurs ne vont pas accepter de publier délibérément un document qui dont une grande partie a été publié auparavant.


Pourquoi faut-il éviter le plagiat ?


Pensons cette fois-ci des lecteurs ou bien les écouteurs qui sont en train de lire ou de consommer le produit, qui est soi-disant, le vôtre. Ce que vous faites, c’est duper votre audience en lui donnant l’impression que votre produit est original, et ne fait pas partie de la connaissance que quelqu’un d’autre a déjà établie.


Ensuite, pour vous-même, le plagiat que vous commettez constitue une infraction qui nuit ou nuira à votre réputation et peut être aussi à votre bien-être. Vous allez toujours vous dire au fond de vous-même que moi, je suis là ou je suis sans le mériter. L’image que je donne et que je veux cultiver est une image fausse et malhonnête. En plus, un jour ou l’autre, on va s’apercevoir que ce plagiat a eu lieu, avec toutes les répercussions que ceci peut entrainer, y compris l’atteinte à la réputation, les effets du scandale devant soi, la famille, les amis, et les collègues, le renvoi, un procès judicaire, et peut être la prison.


Il faut aussi se dire que citer l’apport des auteurs qui vous ont aidés à approfondir votre connaissance du phénomène n’amoindrit en rien et n’amincit pas la valeur du texte ou du produit que vous créez. Au contraire, ce que vous gagnez en attribuant les idées à leurs propriétaires de droit, c’est que vous les avez intégrées dans les schémas dans votre connaissance, que vous avez donc augmenté votre capital cognitif, et que vous vous préparez pour une étape plus avancée, qui consiste mélanger, remuer, pétrir et refondre la totalité des connaissances que vous avez acquises pour donner naissance à quelque chose d’original. Dans ce cas de figure, vous ne prétendez pas que ce que vous avez élaborée est tout à 100% nouveau, et tout à fait original, mais vous vous tenez quand même sur les épaules des géants pour contribuer quelque chose, si minime qu’elle soit, à la connaissance humaine. Cette connaissance est une œuvre cumulative, et pouvoir y contribuer tout en respectant les règles de l’art est la norme d’excellence.


Conclusion


Dans notre ère technologique où l’acte de plagier est devenu une pratique courante, il est devenu quasi important de prendre conscience des méfaits de cette pratique. Quoiqu’il y ait beaucoup d’astuces pour dissimuler ce phénomène et faire passer le travail de quelqu’un d’autre comme étant le sien, les moteurs de recherche et les logiciels de détection du plagiat sont devenus à portée de tout le monde. En parallèle, les règlements anti-plagiat visant à protéger la propriété intellectuelle sont bien développés au niveau global, et il sera dorénavant nécessaire de sensibiliser les chercheurs, créateurs, et même les citoyens normaux aux périls de cette pratique.


En deça du discours sur les périls, il est nécessaire d’équiper les chercheurs et les étudiants des outils requis pour la contribution à la connaissance. La contribution à la connaissance ne doit pas être présentée comme un acte surhumain monopolisé par des génies. La Connaissance avec C majuscule est issue d’un effort interminable, collectif et cumulatif qui se construit bloc par bloc, et brique par brique, et ion par ion. Chacun de nous est appelé à participer à cet effort tout en faisant une représentation du travail déjà achevé par les autres et une autoreprésentation du petit peu que nous avons contribué.


Références


Bromberg, H. (2013). Plagiarism. In R. L. Fastiggi (Ed.), New Catholic Encyclopedia Supplement 2012-2013 : Ethics and Philosophy, 3, 224-1225). Gale. https://link.gale.com/apps/doc/CX2762500580/GVRL?u=wylrc_uwyoming&sid=GVRL&xid=07a05b25


Broyles, R. (2009). What Every Student should Know about Plagiarism. http://www.brighthub.com/education/homework-tips/ articles/39393.aspx. Accessed 20 Jun 2009


Gipp, B. (2014). Citation-Based Plagiarism Detection: Detecting Disguised and Cross-language Plagiarism using Citation Pattern Analysis. Springer Vieweg. ISBN 978-3-658-06393-1. p.10


Lose, G. (2011). Plagiarism. International Urogynecology Journal, 22(8), 903-904. doi:10.1007/s00192-011-1437-9


Mack, C. Plagiarism. Journal of Micro/Nanolithography, MEMS, and MOEMS 15(4), 040101 (2 December 2016). https://doi-org.libproxy.uwyo.edu/10.1117/1.JMM.15.4.040101

31 views
  • LinkedIn Social Icon
  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube
  • Pinterest
  • Instagram
  • LinkedIn Social Icon
  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube
  • Pinterest
  • Instagram
  • LinkedIn Social Icon
  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube
  • Pinterest
  • Instagram